IDENTITE NATIONALE
INTERVENTION DE L'UDB AU CONSEIL MUNICIPAL DE BREST LE 15 DECEMBRE 2009
Monsieur le Maire, chers collègues
Aujourd’hui le débat souhaité par le
Président Sarkozy, et animé au sommet de l’Etat par le Ministre de l’immigration et de l’identité nationale, va se tenir sur la circonscription de Brest rural, à l’initiative du sous préfet de
Brest.
Monsieur le maire, vous nous avez confié deux responsabilités, celle de l’Insertion par le dialogue des cultures et celle de la mise en œuvre de la Charte Ya d’ar Brezhoneg.
Ces deux délégations sont en relation étroite avec la conception que notre municipalité se fait de la question des identités : la première parce qu’elle propose une réponse politique, culturelle et éducative au fait de la diversité, la seconde parce qu’elle donne sens au positionnement de Brest comme capitale occidentale de la Bretagne.
Si au niveau national, le débat est ambigu sur le fond et confus dans la forme, nous avons, quant à nous les idées claires :
Tout d’abord, nous sommes depuis sa création, hostiles à un ministère qui associe étroitement identité nationale et immigration, comme si l’une était menacée par l’autre, faisant, par cet amalgame, des boucs émissaires potentiels des personnes d’origine étrangères vivant sur notre territoire.
Ensuite, parler d’identité au singulier - les sciences humaines, heureusement, sont là pour nous le rappeler- est une aberration, les identités individuelles ou collectives, étant toujours multiples, pluridimensionnelles, évolutives.
Il n’est pas dérisoire de parler d’identité, mais comment donner un contenu fédérateur à une question aussi grossièrement posée, une question qui semble ignorer que la France est de formation plurielle, qu’elle a des valeurs de références : liberté, égalité, fraternité, laïcité, diversité.
Alors, la question qui se pose réellement, n’est-elle pas plutôt : comment faire vivre cet idéal au quotidien ?
* Quel grand projet du gouvernement pour rétablir la première des libertés, celle de l’accès pour tous à l’emploi, au
logement, à l’éducation ?
* Quels moyens allons-nous mettre en œuvre, concrètement pour établir, non pas seulement l’égalité des chances, mais l’égalité tout court, idéal bien plus exigeant que ce qu’on appelle communément, et abusivement, la méritocratie républicaine, méritocratie qui exclue systématiquement les plus fragiles ?
* Et le principe de fraternité, qui n’engage à rien s’il n’est traduit en actes, en lois et en obligations, comment allons-nous le porter, dans une société consumériste qui désagrège le politique à ce point ? Comment allons-nous recoudre ce que la loi du marché est en train de déchirer ?
* La laïcité qui garantit la liberté de conscience et de choix, peut-elle se développer sans une école de l’émancipation, qui se donne pour mission première d’éveiller à l’esprit critique ?
* La diversité peut-elle être vécue comme une richesse pour tous, à partager par tous, alors même que la loi attendue sur les langues régionales est passée aux oubliettes ? Alors même que les discriminations de toute sorte minent le corps social ?
Voilà, pour nous, les seules et vraies questions.
Nos identités, elles sont dans nos projets, et dans les moyens que nous nous donnons pour les réaliser, car les identités n’existent qu’en actes.
Les Bretons ont conquis ces dernières années une grande liberté : celle d’être capables de combiner des identités multiples : être à la fois bretons, français, européens, citoyens du monde. Etre capables de combiner ces identités, c’est se rendre aptes à vivre la diversité.
Qu’on ne vienne pas, du plus haut sommet de l’Etat, détruire cette construction identitaire dynamique, par des questions fermés, des discours archaïques, des réponses obscurantistes, et des pratiques d’exclusion.
Anne-Marie Kervern, Adjointe au Maire et conseillère communautaire
Frédérique Le Nedellec, Conseillère municipale et Conseillère communautaire
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Henbont zo an eizhvet kumun eus bro an Oriant o kemer an diviz ofisiel da ziorren ar brezhoneg e buhez pemdez hec’h annezidi.
D’an 9 a viz Kerzu eo deuet eta da vrasaat bodad ar 120 ti-kêr eus Breizh o deus sinet ar garta Ya d’ar brezhoneg.
L’on se souvient de la signature, l’an dernier, de la charte «Ya d’ar
Brezhoneg » et de l’engagement de la municipalité en faveur de la langue bretonne.
An ao. Marc Ropers, maer ha besprezidant Kumuniezh-kumunioù bro Bondi, an it.
On pouvait déjà trouver quelques ouvrages en breton ou sur la
langue bretonne à la Médiathèque ou dans les bibliothèques de Saint-Herblain. Cette demande tend à croître avec le développement des cours de breton pour adultes dans l'agglomération et notamment
à Saint-Herblain, et celui de la scolarité bilingue ou en breton. La signature le 15 mai par la commune de la Charte Ya d'ar Brezhoneg prévoyait logiquement l'enrichissement de l'offre
publique herblinoise à cet égard.
Samedi 24 octobre,
Comme à
chaque rentrée, le débat sur la carte scolaire reprend un peu de vigueur… Nous souhaitons que les solutions mises en œuvre soient suffisamment équilibrées. Sans doute doivent-elles tenir compte
de l’intérêt des communes qui ont parfois beaucoup investi pour accueillir les élèves, suite à l’application non concertée de la carte scolaire par la précédente municipalité paimpolaise. Mais
elles doivent surtout tenir compte de l’intérêt des familles et des contraintes et problèmes qu’elles rencontrent.
La langue bretonne doit (re)trouver toute sa place en Bretagne. Elle est
désormais reconnue, au même titre que les autres langues régionales, dans la Constitution. Cela doit se traduire dans les faits, y compris dans l’enseignement, même et surtout quand cela dépend
de décisions locales. Le droit fondamental des parents à choisir la (les) langue(s) de leur choix pour l’éducation de leurs enfants doit être respecté.
Extrait d'un article paru sur le site du Courrier des
Balkans