Intervention de Naig Le Gars au Conseil régional sur la politique linguistique

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Monsieur le Président, chers collègues,

Je m’exprime sur ce bordereau au nom des Verts et de l’UDB

Nous émettons tout d’abord des réserves sur la forme. S’agissant de la commission mixte (constituée de représentants du Conseil Culturel et du Conseil Régional, dont Mona Bras et moi-même), nous devons préciser que nous n’y avons pas participé et nous nous en sommes déjà expliquées, puisque l’Office de la langue bretonne n’y est jamais invitée.

J’ajoute que l’avis de cette commission ne répond pas à la demande d’évaluation de la politique linguistique. Nous jugeons, en effet, ce texte hors sujet et, de ce fait, peu instructif sur notre politique linguistique. Celle-ci aurait mérité d’ailleurs un bilan plus exhaustif. Il serait ainsi intéressant de mieux faire connaître notre action en matière de formation longue et courte pour adultes, tant sur le plan qualitatif (4 centres agrées par la Région et épaulés pour mutualiser et bonifier leur offre de formation) que sur le plan quantitatif (une centaine en formation longue).

Nous estimons en outre que la politique transversale aurait pu faire l’objet d’une présentation plus dynamique et moins « anecdotique » en mettant en perspective les enjeux et les mises en œuvre. Celles-ci malheureusement sont encore déficientes. Je ne prendrai qu’un exemple mes chers collègues : cette enceinte ! Entièrement et joliment rénovés, ces locaux auraient du être dotés d’une signalétique bilingue dans le respect de l’application à nous mêmes de nos propres politiques transversales. Heureusement, il s’est produit un petit miracle cette nuit, les portes des toilettes sont désormais bilingues. Car en français hier, elles sont indiquées en breton aujourd’hui.

Cette petite action, préambule à une démarche plus large, nous ramène à l’Office de la langue, notre outil institutionnel en la matière et futur établissement public.

Or sur ce dossier, comme sur celui de la convention additionnelle, nous aimerions être informés. Nous insistons à ce propos sur la concertation et sur l’absolue nécessité d’associer l’Office de la langue bretonne à la gestion de la carte scolaire.

Sans cette disposition, nous nous retrouverons chaque année face à des aberrations, (exemple à Lorient : l’école publique de Merville ne sera dotée que d’un poste pour... 51 élèves prévus !) et une croissance très en deçà des objectifs que nous nous étions fixés (voire en régression pour les lycées).

Je rappellerai pour mémoire l’exemple du pays Basque, dont le GIP (regroupant les mêmes acteurs institutionnels que l’EPCC) gère l’enseignement bilingue, avec succès (30% des élèves bilingues, 10 fois + qu’en Bretagne.)

Pour finir sur une note positive, nous applaudissons à la nouvelle campagne de promotion pour la langue bretonne. La simplicité et l’évidence du message (Aline : deux yeux, deux oreilles, deux mains... deux langues) valent tous les discours.

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