Refus de la municipalité de Plouisy de participer au fonctionnement de l'école Diwan de Guingamp : les élus de l'AEPB sont surpris

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

 

Les élus du Pays de Guingamp membres de l'AEPB ont été surpris de découvrir dans la presse que la municipalité de Plouisy venait de refuser de participer au fonctionnement de l'école Diwan de Guingamp au prorata des enfants de Plouisy qui y sont scolarisés

Le motif invoqué pour justifier ce refus est que « Diwan est une école privée, sous contrat associatif, mais privé...et nous avons déjà une offre scolaire sur la commune ».

Par ailleurs, la commune s'honore en versant une compensation financière pour chaque enfant scolarisé à l'école bilingue de Pabu ou dans toute autre école publique de la CdC.

 

Dans cette logique, si les élus de Plouisy ont juridiquement raison ; politiquement, le bât blesse.

 

En effet, si l'offre scolaire existe sur Plouisy, pourquoi verser la compensation financière pour Pabu ou ailleurs ? Les élèves de Diwan et leurs familles seraient-ils des citoyens de seconde zone ? Leurs choix pédagogiques n'ayant pas de réponse publique, devraient -ils être ignorés ?

 

En effet,si Diwan est une école privée, elle n'est pas confessionnelle et fonctionne avec les valeurs de l'école publique : Diwan est laïque et gratuite. Si aujourd'hui, Diwan n'est pas une école publique, à qui la faute ?

 

Rappelons nous de Jack Lang qui avait entamé le processus d'intégration des écoles Diwan dans le service public d'enseignement ; après qu'il ait signé la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, sa démarche s'était heurtée à la modification toute récente de l'article 2 de la Constitution.

 

Le récent débat autour des prises de positions archaïques du Sénat et de l'Académie française révèle le dysfonctionnement de nos institutions alors que le Parlement a fait preuve d'ouverture en votant majoritairement la modification de la Constitution : « les langues régionales font partie du patrimoine de la république » ; et alors que 68% des Français interrogés sont pour les langues régionale, et que le succès de la course pour la langue bretonne « Ar redadeg », pour laquelle des élus municipaux des communes de la CdC avaient couru, est un gage de soutient populaire.

 

Aujourd'hui, le Conseil général des Côtes d' Armor à majorité socialiste, soutient depuis sa création, le collège Diwan de Plésidy, et pourtant c'est un collège privé... Le Conseil régional de Bretagne, à majorité socialiste, a voté à l'unanimité un plan de politique linguistique dans lequel les écoles Diwan sont intégrées au même titre que les autres écoles bilingues... nous cherchons la cohérence politique avec la décision de la municipalité de Plouisy ...

 

Des dizaines de communes versent une compensation financière à Diwan....

 

Car si le soutient verbal à la cause des langues régionales est une chose, le passage aux actes de soutient par, entre autre, le versement de la compensation financière à Diwan est aussi une façon de jauger l'action politique par l'action publique.

 

Ce refus pose aussi plus largement la question de la ville centre qu'est Guingamp :

 

notre ville et ses contribuables doivent-ils supporter la charge financière des aides publiques aux associations dont le recrutement est à plus de 50% des communes de la CdC ?

 

L'école Diwan répondant à un besoin sociétal pour lequel il n'y a pas à ce jour d'offre publique, et dont le recrutement est aussi largement extra municipal, ne devra-t-elle pas devenir une compétence ou de la Communauté de communes ou du Pays de Guingamp ? ceci afin d'assurer sa pérennité. Le débat est ouvert.

 

Pour les élus : Mona Bras et Gwendal R

 

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