Réunion du 11 octobre à Silfiac

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne



     Une cinquantaine d’ élus de l’ AEPB se sont retrouvés le samedi 11 octobre à Silfiac pour une réunion consacrée à un problème de première importance en Bretagne : pression foncière, aménagement du territoire, urbanisme durable. Remercions Serge Moëlo  de nous avoir consacré sa matinée avec un exposé introductif sur la notion de développement durable et une visite commentée sur le terrain , particulièrement éclairante. Rappelons que c’ est à Silfiac que sera officiellement créé, samedi 25 octobre, l’ Institut du Développement Durable. Une délégation de l’ AEPB, conduite par sa première vice-présidente, Nelly Fruchard, maire de Plescop, participera à cette journée fondatrice.

       L’ après-midi de notre réunion du II octobre a été consacrée pour l’ essentiel à un exposé remarquable de notre ami Yves Lebahy. La prochaine réunion de l’ AEPB aura lieu le 21 mars 2009, à Lorient, sur le thème de l’ eau. Notre président, Georges Cadiou, adjoint au maire en charge du dossier à Quimper, animera le débat.

 

 

 

Résumé de l’ intervention de Y. Lebahy par Yann Syz, adjoint au maire de Lorient

 

  • La Bretagne vit une rupture dans son histoire liée à l’économie de villégiature. Il considère qu’actuellement, c’est l’argent qui gère l’espace et provoque une pression sur la côte, avec des conséquences sur les interactions Terre-Mer.

 

  • Il a rappelé qu’à son sens, le développement durable doit se traduire par une recherche de développement endogène, en faisant avec les ressources du milieu.

 

  • 80 % des bretons vivent sur la bande littorale.

En 2007, 42 000 logements se sont construits en B5 dont 1/3 sont des résidences secondaires situées à 86 %, sur le littoral et à 46 % sur le seul golfe du Morbihan.

 

L’évolution à la hausse du taux de résidences secondaires sur le littoral Atlantique français et en centre Bretagne est à l’inverse des tendances sur la Méditerranée française.

 

Cette hausse gagne désormais le littoral nord breton et modifie la structure des emplois (emplois précaires touristiques et résidentiels).

 

  • Le modèle pavillonnaire, dans sa forme actuelle, est à proscrire car il a conduit à doubler l’artificialisation des sols en 30 ans. Deux chiffres aident à comprendre l’enjeu : sur le golfe du Morbihan, 1 habitant occupe en moyenne 300 m2 contre 90 m2 dans la moyenne bretonne.

 

  • Les éléments présentés plus haut conduisent à :


  • Une augmentation du prix du foncier
  • Des ruptures sociales et générationnelles sur les territoires, par éloignement des jeunes et des pauvres des communes à moins de 30 kilomètres des côtes. Ce constat est d’autant plus renforcé dans les communes à faible nombre de logements sociaux (Ploëmeur, Larmor, Quéven …)
  • Un engorgement des réseaux routiers et leur multiplication avec la formation progressive d’une congestion urbaine continue de Nantes à Quimper et de Rennes à Nantes.

 

  • Y. LEBAHY en retire les préconisations suivantes :

 

Si rien n’est fait très vite sur le littoral, le vrai enjeu d’anticipation pour les élus sera l’avenir du Centre Bretagne. Cette zone doit être prête à recevoir des habitants avec leurs activités dans le respect du milieu et du paysage.

Seul un travail foncier et urbanistique précoce permet de l’organiser à l’avance, sous peine que l’argent gère à la place des élus là aussi.

 

  • Il convient de réguler les activités à terre pour conserver une mer vivante.

 

  • Il convient de se poser la question du seuil de capacité d’accueil d’un territoire en habitants, au regard des techniques à l’œuvre (gestion des eaux, etc …)

 

  • Y. LE BAHY a conclu par une intervention sur la nécessité pour la Bretagne d’investir le champ du transport maritime par caboteurs du fait de sa situation géographique.


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