Entretien avec Marie Gogé élue à Milizac

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Marie Gogé est Adjointe au Maire de Milizac, chargée de la culture et de la communication. Elle est élue depuis mars 2008 sur cette commune de 3000 habitants à 15 kilomètres au nord de Brest.



Marie, quel est le parcours qui t'a menée à cette responsabilité?

Je suis arrivée à Milizac en 1980. En 1985, je suis entrée dans l'association "Familles Rurales" qui assurait principalement la gestion du centre de loisirs. Deux ans plus tard, en 1987, j'étais présidente de l'association. En 1989, je suis entrée au conseil d'administration de la fédération départementale, puis dans la foulée j'ai assuré la présidence de cette fédération.

En même temps, j'ai eu des responsabilités au CCAS de Milizac, au titre de l'UDAF, jusqu'en mars 2008. Depuis 2000 je suis représentante des usagers dans un hôpital rural et deux cliniques brestoises et, depuis 3 ans, je suis administratrice à la CAF du Nord Finistère.


Beaucoup de solidarité. Un peu de culture ?

J'ai mis en place quelques cours de musique au sein de "Familles Rurales". Aujourd'hui, je suis Adjointe à la culture et à la communication interne et externe au sein de l'équipe municipale de Milizac. Je suis ainsi responsable de la bibliothèque, du bulletin municipal et des affaires culturelles. Je gère notamment les relations avec les associations culturelles.


Quelles sont les raisons de tes engagements ?

Je voulais m'intégrer dans ma commune. Le milieu associatif est le meilleur moyen d'y arriver. Le fait de militer, on se sent utile avec un but : faire avancer les choses avec d'autres pour répondre à des besoins. C'est aussi une façon de sortir de l'anonymat. En fait, ça arrive naturellement, par conviction et par envie. Ensuite c'est l'effet boule de neige.


Quel ressenti pour tes premiers pas en tant qu'élue ?

C'est impressionnant. C'est une charge inattendue. C'est un poids sur les épaules. Et on ne peut se défausser face à la confiance des électeurs. C'est également un engagement dans la durée, dans le long terme. Six ans, c'est à la fois peu pour les projets et beaucoup pour soi. Mais je viens avec plaisir à la mairie, avec des gens de tous horizons, avec beaucoup de jeunes venus du milieu associatif. Il y a un vrai travail d'équipe. Il y a une véritable convivialité.


Bretonne des champs ou bretonne des villes ?

Plutôt bretonne des champs... Je dirais même milieu rural. Parce que c'est plus convivial : pour l'ambiance, la spontanéité, la qualité de vie. Le cadre permet les rencontres avec plus de locuteurs en langue bretonne également. Tu n'as pas cette ambiance dans une grande

ville.


Comment peut-on être breton ?

Cela dépend de ce que l'on entend par le mot breton. Né en Bretagne? Engagement en faveur de la Bretagne? Le mot régionaliste passe très bien auprès du grand public. Le mot autonomiste, nettement moins bien.

Pour moi, c'est un engagement dans la culture ; la langue, je tiens à la garder ; mais surtout à la faire vivre. Cela va de pair : si c'est sous cloche, la poussière va s'accumuler et on va la jeter à la poubelle.

C'est le fait de fonctionner "bilingue", pour montrer que ça existe. La culture n'est pas palpable. Le bilinguisme par contre donne une réalité : ça se voit tous les jours, sur les panneaux indicateurs, dans les noms de rues... Même si Monsieur GPS n'est pas content parce que ça ne passe pas dans l'ordinateur !

Mais ce n'est pas que la culture. C'est toute une manière de penser. C'est au quotidien : l'économie, le social, le développement, l'écologie...


Que faire pour avancer ?

Il faut continuer ce que d'autres ont commencé. Il faut veiller à la présence de la culture bretonne pour qu'elle continue à être utilisée, au quotidien. Mais le tissu culturel ne suffit pas. Les écoles Diwan ne suffisent pas. Il faut que les collectivités locales donnent l'exemple, pour impulser les politiques. Il faut donner également l'envie aux gens . Il faut y croire, avec un objectif, sans baisser les bras.


Propos recueillis par Jérémy Morvan pour les Bonnets Rouges, journal des élus UDB du Pays de Brest

Commenter cet article