Nantes en Bretagne : une consultation populaire !

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Les récents propos de Nicolas Sarkozy sur l'appartenance historique de Nantes à la Bretagne ont fait l'effet d'une (petite) et bien pacifique bombe en Armor et en Argoat !


En évoquant le château des Ducs, qui sont de Bretagne et non des Pays de Loire comme chacun sait, le Président de la République n'a fait que mettre, une fois de plus, le doigt sur une aberration historique et administrative datant de 1941 ! C'est en effet, le régime de Vichy du maréchal Pétain qui a, arbitrairement, soustrait Nantes à sa région historique à laquelle elle appartenait depuis mille ans !


Lors du découpage ultérieur en régions économiques cet arbitraire fut maintenu malgré les nombreux sondages affirmant la volonté de Nantes et de la Loire-Atlantique de retrouver la Bretagne et malgré les nombreux vœux des assemblées démocratiquement élues (Conseil Régional de Bretagne encore le 24 octobre dernier à l'unanimité et le Conseil Général de Loire-Atlantique) allant dans ce sens !


On dit même que le fonctionnaire qui détermina le découpage régional, pas seulement en ce qui concerne la Bretagne, le fit en une après-midi, sans consulter personne et, permettez-nous l'expression, au « pifomètre » !

Et c'est ainsi qu'aujourd'hui le château des Ducs de Bretagne, Sillon de Bretagne, Fay de Bretagne, Montoir de Bretagne, Le Temple de Bretagne, Sainte-Reine de Bretagne ou encore le marais breton se retrouvent dans une région artificielle et sans unité. Une région appelée à craquer de toutes part sous l'effet de la volonté démocratique mais aussi des réalités économiques. Aujourd'hui Le Mans n'a rien à voir avec Fontenay-le-Comte et vit avec la grande région parisienne, ce qu'avait aussi noté, voici quelques années, le plan Pasqua sur les pays.


Aujourd'hui nous avons en France des régions qui sont des nains politiques et économiques au regard de la situation dans les autres pays européens ! Si nous voulons avoir des régions de tailles européennes, capables de tenir leurs rangs face aux länder, aux régions italiennes pour ne pas parler des nations britanniques ou espagnoles, il faut absolument une révolution en ce domaine. Et cette révolution passe par un redécoupage.

Ainsi dans l'Ouest de la France, nous avons six régions faibles (Bretagne, Haute et Basse Normandie, Centre, Pays de Loire et Poitou-Charentes). Nous pourrions avoir quatre régions fortes : une Normandie unifiée, une Bretagne réunifiée (avec la Loire-Atlantique), une région Poitou-Charentes-Vendée (la Vendée fait historiquement partie du Poitou dont elle est un prolongement géographique et maritime) et une grande région, le Val de Loire, avec l'Anjou et la Touraine qui sont en fait les véritables pays de Loire, il suffit de poser la question aux touristes étrangers qui visitent Chambord et Chenonceau !


Cela n'empêcherait nullement la coopération inter-régionale dans un cadre européen (notamment l'arc atlantique).


Depuis 2003, la Constitution (où figurent désormais les langues régionales, preuve que rien n'est figé !) permet l'organisation de consultations populaires locales ou régionales ! Pour ce qui est de la Bretagne historique à cinq départements chiche ! Les esprits sont aujourd'hui mûrs. Que le Président de la République fasse en sorte qu'il y ait une consultation populaire de Brest à Nantes, de Rennes à Quimper, dans les cinq départements bretons. Pour réconcilier une bonne fois pour toute l'histoire et la géographie, la démocratie et l'efficacité économique !


Georges Cadiou

Adjoint au maire de Quimper (Union Démocratique Bretonne)

Président de l'AEPB (Association des Elus Progressistes de Bretagne)

Commenter cet article