Lutte contre le changement climatique : La dimension régionale entre dans la négociation de l'après-Kyoto

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Les 29 & 30 octobre, la Bretagne accueillait à Saint-Malo 98 régions de 59 pays, en présence de représentants de l'ONU, du Fonds pour l'environnement mondial, de l'Union européenne et du Gouvernement français, pour poser les bases de nouvelles coopérations Nord-Sud dans la lutte contre le changement climatique.


Un mois et demi plus tard, la Bretagne, co-présidente du Réseau mondial des gouvernements régionaux pour le développement durable (nrg4SD), a participé à la 14ème Conférence des Parties (CoP14) à Poznan (Pologne). Il s'agissait du dernier round de négociation avant celui de Copenhague, en décembre 2009, qui devra définir le nouveau cadre de la lutte mondiale contre le changement climatique, applicable au terme du Protocole de Kyoto, en 2012.

A Poznan, la Bretagne était représentée par Christian Guyonvarc'h, vice-président chargé des affaires européennes et internationales, et par ailleurs co-président -depuis le 28 octobre- du réseau nrg4SD. A ce titre, un amendement au texte final de la conférence de Poznan -en prévision de Copenhague 2009- a formalisé le souhait des régions de se voir associer aux prochaines discussions et aux instruments de lutte contre le changement climatique.


Cet amendement, proposé par la Catalogne, porté par la Bretagne et défendu par le gouvernement britannique grâce à l'intervention du Pays de Galles, devrait, s'il est accepté, permettre aux régions d'entrer de plain-pied dans le futur protocole de Copenhague. Cette mesure démontre la pertinence de l'action régionale en complément de celle des Etats. Celle-ci a d'ailleurs été reconnue par le secrétaire de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique (CCNUCC), Yvo de Boer, lui-même.



80 % des actions contre le changement climatique sont menées à l'échelle des territoires

En effet, lors d'une rencontre des leaders régionaux contre le changement climatique, au cours de laquelle M. Guyonvarc'h est intervenu aux côtés de Mike Rann, Premier ministre d'Australie du sud, d'Abdoulaye Sène, Président de la Région Fatick (Sénégal), de ministres ou directeurs de l'environnement de Californie, Connecticut, Yukon (Canada), Ecosse, Pays de Galles, Catalogne, Aragon, Pays basque et Haute Autriche, Yvo de Boer a souligné que 80% des actions de lutte contre le changement climatique ou d'adaptation à ses conséquences étaient conduites au niveau régional ou local.


 A la conférence internationale de Poznan, Christian Guyonvarc'h au côté de Mike Rann, 

Premier ministre de l'Etat fédéré d'Australie du sud et président du Parti travailliste australien,

lors d'une présentation des initiatives régionales dans la lutte contre le changement climatique




Ce nouveau signe de reconnaissance de l'action des régions vient confirmer l'acte historique que le PNUD et le PNUE, agences de l'ONU chargées du développement et de l'environnement, avaient posé à Saint-Malo en lançant, avec nrg4SD, le programme «vers des territoires économes en carbone et résistants au changement climatique» et en annonçant la création, à Brest, du centre CLIMSAT, premier outil onusien dédié aux régions.



Une coopération envisagée entre le Green Belt Movement, CLIMSAT, la Bretagne et Madagascar

A Poznan, Christian Guyonvarc'h a par ailleurs rencontré le Pr Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix 2004 et créatrice au Kenya du «Green Belt Movement» qui lutte contre la déforestation en organisant des campagnes d'information et d'éducation et en finançant la plantation d'arbres et leur entretien par les communautés rurales (20 M d'arbres plantés à ce jour). Depuis 2006, ce mouvement a noué avec le Pays basque un partenariat exemplaire de la contribution des régions du Nord à l'action des pays du Sud contre le changement climatique. Après cette rencontre, un partenariat se dessine, d'une part avec CLIMSAT, dont les compétences en imagerie satellitaire pourraient permettre au «Green Belt Movement» de se doter d'un système d'information géographique opérationnel pour le suivi des zones replantées, d'autre part avec la Région Bretagne pour que le savoir-faire, acquis au Kenya, soit transféré aux deux régions de Madagascar avec lesquelles la Bretagne coopère, Anosy et Analanjirofo.

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