Nantes en Bretagne : une chance à saisir !

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Nantes et la Loire-Atlantique retrouvant leur place naturelle, historique, géographique et culturelle dans une Bretagne renforcée, de taille européenne et encore davantage ouverte sur la mer et le monde !


On le voit, venant de divers milieux politiques, économiques et décisionnels, cela est désormais possible. Avec un peu de volonté et de courage démocratique !


C'est un décret de Pétain, en 1941, qui a coupé Nantes et la Loire que l'on disait alors inférieure de la région à laquelle elles appartenaient depuis 851. C'est-à-dire depuis onze siècles ! C'est en 937, après la victoire d'Alain Barbetorte sur les Vikings, que Nantes est devenue la capitale de la Bretagne. C'est ensuite à Nantes, en 1460, que fut créée la première université de Bretagne. Et même si, plus tard, en 1554, le Parlement de Bretagne fut transféré à Rennes qui était à l'époque du Duché la ville du sacre, puis, en 1688, l'intendance, Nantes conservera jusqu'en 1789, l'administration financière et la Cour des Comptes de la Province. Déjà un partage intelligent entre les deux capitales bretonnes davantage complémentaires que concurrentes !


Lorsque les révolutionnaires, en 1790, vont diviser le royaume de France en départements, la Bretagne, comme la Normandie ou la Bourgogne, sera redécoupée dans ses frontières historiques !


De manière assez incompréhensible, les découpages régionaux à base uniquement économique de l'après-guerre, vont reprendre le schéma imposé par Pétain : les circonscriptions d'action régionale de Guy Mollet en 1956, les établissements publics régionaux de Georges Pompidou en 1972, enfin les régions telles que nous les connaissons aujourd'hui issues des Lois Defferre en 1982 qui donneront lieu aux premières élections au suffrage universel en 1986.


Un découpage qui était pourtant largement contesté dans tous les milieux. En 1968, le Général de Gaulle qui envisageait la régionalisation, avait fait demander aux départements ce qu'ils préféraient : la Loire-Atlantique avait demandé son retour à la Bretagne alors que la Sarthe, par exemple, rejetait déjà une artificielle région des « Pays de Loire » pour rejoindre les départements dits du centre !


En 1972, Jean du Dresnay, Président du Conseil Général de la Loire-Atlantique, déclarait à nouveau : « La Loire-Atlantique est une terre bretonne ». Le maire de Nantes de l'époque, André Morice, renchérissait : « Nantes et la Loire-Atlantique sont historiquement et économiquement bretons ... Nous estimons douloureuse et injuste cette rupture avec la région de Bretagne. »


Depuis plus de trente ans, plusieurs sondages ont montré l'attachement des habitants de la Loire-Atlantique à la Bretagne, de très nombreux vœux votés le plus souvent à l'unanimité (comme encore au Conseil Régional à la fin de l'année 2008) dans les villes, y compris de la Loire-Atlantique, ont demandé le retour du pays nantais à sa région d'origine.


Dans l'Europe en train de se construire où les régions françaises sont des nains politiques et économiques par rapport à ce qui se passe chez nos voisins, il faut résolument se tourner vers l'avenir : des régions identifiées, renforcées, soucieuses de développement économique, culturel, environnemental dans un cadre de coopération interrégionale. Pour la Bretagne l'arc atlantique !


Aujourd'hui, la Constitution permet de trancher démocratiquement ce genre de débat. Contrairement au décret inique de 1941 !


Alors, chiche pour une consultation populaire, notamment et surtout, en Loire-Atlantique pour laisser parler la démocratie, pour que ces villes qui ont noms Montoir-de-Bretagne, Sainte-Reine-de-Bretagne, Fay-de-Bretagne, Le Temple-de-Bretagne, Vigneux-de-Bretagne ou encore La Meilleraye-de-Bretagne, sans parler de la ville du château des Ducs, puissent retrouver le sens de l'Histoire et de la Géographie !


Pour justifier ces vers du prince des poètes, Paul Fort, dans ses « Ballades nantaises » :


« A vous Nantes, ô gloire de la Bretagne et aux feux d'or des plus beaux couchants sur la Loire ... et qui me font battre le cœur devant vous ces vaisseaux du port ! »


Georges Cadiou

Président de l'AEPB

Adjoint au maire UDB de Quimper


Publié dans Réunification

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