LOPERHET : SIGNATURE OFFICIELLE DE LA CHARTE « YA D’AR BREZHONEG »

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne


LOPERC'HET : SINADUR OFISIEL AR GARTA « YA D'AR BREZHONEG »




Prezegenn digoriñ Ronan Divard


Itron Prezidantez,

Itronezed hag Aotrounez dilennidi,

Mignoned ker,


Enoret-bras eo hor c'huzul-kêr a Loperc'hed ouzh ho tegemer amañ fenoz da-geñver sinadur ofisiel ar Garta "Ya d'ar Brezhoneg" etre hor c'humun hag Ofis ar brezhoneg. Dre an emglev-se, e tiskouez mat hor c'humun a Loperc'het he youl da zifenn ar brezhoneg ha da rein lañs dezhañ. Ma 'z eo bev da vat ar brezhoneg e Loperc'hed, e fell deomp e vefe bevoc'h c'hoazh en dazont. Fellout a ra deomp reiñ dezhañ muioc'h a blas er vuhez publik gant ar spi e vo muioc'h-mui a Loperc'hediz, a forzh peseurt orin e vefent, ouzh e implijout, ouzh e gomz, ouzh e zeskiñ, ouzh e gompren hag ouzh e garout.


Prometet e oa bet sinañ ar Garta gant hor skipailh-kêr e 2008 pa oamp o kabaliñ. Ha dalc'het hon eus d'hor ger peogwir ez eus bet divizet e Miz Here gant ar c'huzul-kêr sinañ ar Garta. N'eo nemet al live 1, met pouez a zo gant an diviz-se peogwir eo bet votet a-unvouezh, memes ma vez kavet, anat deoc'h, diforc'hioù etrezomp ni.


Ho trugerakaat a reomp evit bezañ respontet d'hor pedadenn en ur zont amañ fenoz ha gouzout a ouzomp mat ar strivoù a zo bet graet gant lod ac'hanoc'h, evel Lena Louarn, Prezidantez an Ofis, evit kemer perzh el lid-mañ.


Mersi bras ivez a wir galon da implijidi Ofis ar brezhoneg ha da Erwan ar C'hoadig dreist-holl, evit o barregezh hag o hegarated. Ur benveg dispar eo an Ofis hag ur chañs eo evit Breizh kaout ur organ ken talvoudus.


C'hoant hon eus ivez da drugarekaat sonerien ar Bagad Adarre o deus asantet bravik da seniñ un nebeud tonioù evidomp, goude m'eo bet goulennet dezho en ober gant hor mignon Jean-Yves Le Guern.


Mersi bras ivez da implijidi an ti-kêr o deus roet sikour deomp evit prientiñ al lid-mañ ha da Florence Nedelec dreist-holl.


Hag, erfin, trugarez a greiz kalon da skolaerion ha da skolidi Skol Eric Tabarly a vo kanet ganto teir c'hanaouenn evit hon dudi. E gwirionez, ez eo ur seurt taol-esae evito pegwir e kemerint perzh e kenstrivadeg « Kan ar Bobl » disul. Mersi da galonekaat anezho ha da votiñ evito disul ma'z oc'h e-barzh ar juri.


Ez an da lezel ar gomz da Fañch Collec, Aotroù Maer Loperc'hed, met a-raok, hor bo plijadur o selaou div ganaouenn kanet gant ar vugale « Kastell ar Spes » hag « E-Kreiz an noz », ur ganaouenn bet skrivet gant Youenn Gwernig.






Discours François Collec, maire de Loperhet



Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les élus,

Chers amis,


Chaque langue traduit une façon de percevoir et de concevoir le monde et est une parcelle irremplaçable du patrimoine commun de l'Humanité. Mais, une langue ne peut être réduite à sa dimension patrimoniale. Si le breton, comme toute autre langue, a une valeur inestimable, c'est avant tout parce qu'il est un trésor vivant. Il est vivant en Bretagne, il est vivant ici à Loperhet et nous entendons œuvrer de notre mieux pour qu'il le reste et le soit davantage à l'avenir.


Cette langue, qui a hélas été si longtemps méprisée à tel point que ses locuteurs ont pour la plupart cessé au milieu du XX° siècle de la transmettre à leurs enfants, est gravement menacée dans son existence même puisque l'Unesco la classe parmi les langues en danger d'extinction. Pouvons-nous rester inertes face à une telle menace ? Pouvons-nous envisager sans avoir le cœur serré qu'une langue parlée depuis 15 siècles sur notre territoire, une langue dont on trouve les premiers écrits au VII° siècle, pourrait s'éteindre ou être réduite à un passe-temps d'initiés ? La réponse est évidemment « non ».


Et c'est pourquoi la commune de Loperhet a décidé de s'inscrire dans la dynamique de promotion de la langue bretonne, dynamique à laquelle participent un nombre croissant de communes, de communautés de communes sans oublier les conseils généraux - celui du Finistère en particulier -, et, bien sûr le Conseil régional de Bretagne. Nous sommes tout à fait convaincus que les collectivités locales et les communes en particulier ont un rôle déterminant à jouer pour assurer la présence du breton à tous les niveaux de la vie sociale. Nous nous reconnaissons également dans les valeurs qui inspirent cette dynamique et souscrivons pleinement à l'affirmation du Conseil Régional pour lequel «  la politique linguistique de promotion de la langue bretonne repose sur les principes universels de respect de la diversité culturelle et d'égalité de valeur entre toutes les langues du monde, quel que soit le nombre de leurs locuteurs, de tolérance et de respect des différences. »


Cette présence du breton dans la vie publique, dans la vie sociale, doit devenir quelque chose d'ordinaire, d'habituel dans notre commune.


La démarche volontariste des collectivités locales a d'autant plus de sens que les Bretons, qu'ils soient originaires ou non de Bretagne, qu'ils soient bretonnants ou non, manifestent de plus en plus d'intérêt et d'attachement à la langue bretonne. Ainsi, lors d'un sondage mené en 2001, 82 % des Bretons des cinq départements déclaraient se reconnaître dans l'expression "Le breton est notre langue régionale".


Voici très concrètement les cinq actions pour lesquelles nous avons décidé de nous engager officiellement auprès de l'Office de la langue bretonne afin de pouvoir obtenir le niveau 1 de la certification : Il s'agit des actions 1 (mise en place de panneaux bilingues aux entrées et sorties de la commune), 6 (papier à en-tête bilingue), 9 (logo de la mairie bilingue), 25 (aide financière et/ou technique à l'installation ou au développement d'une filière bilingue dans la commune) et 36 (mise en place d'un conventionnement avec les communes voisines afin de permettre l'accueil des enfants en filière bilingue).


A dire vrai, il ne sera guère difficile de respecter ces engagements puisque ces actions ont déjà été menées à bien. Mais, nous avons fait le choix de procéder par étapes, pas à pas, et la réflexion est déjà engagée sur les actions qui nous permettraient d'atteindre le niveau 2. Nous voulons que nos choix concilient notre souci d'être efficaces, notre souhait de créer du lien social et notre désir de susciter un intérêt et une adhésion réelle des Loperhétois.


Je souhaite par ailleurs préciser qu'outre les actions sur lesquelles porte cet engagement officiel, beaucoup de choses sont faites pour le breton et en breton à Loperhet. J'en mentionnerai trois :


- tout d'abord, nous avons la chance de pouvons compter sur une association très active, l'association Gorre ha Goueled » dont je salue les représentants. Cette association propose des animations en breton et un enseignement du breton à plusieurs niveaux. Elle a même mis en place un dispositif de cours à distance.

- ensuite, des stages nautiques en breton destinés aux enfants sont proposés depuis l'an dernier par le Centre nautique de Rostiviec. Un bon moyen de combiner pratique de la langue bretonne et apprentissage de la navigation dans un cadre qui s'y prête admirablement.

- enfin, mais je ne prétends pas être exhaustif, a été créé un comité consultatif sur la langue bretonne. Ce comité, qui comprend des élus et d'autres citoyens de Loperhet, sera une force de propositions pour le conseil municipal.


Mais, si le breton est bel et bien vivant à Loperhet, c'est aussi et avant tout parce qu'on y compte un nombre significatif de bretonnants, qu'il s'agisse de bretonnants de naissance, de bretonnants l'ayant appris à l'âge adulte et des enfants inscrits dans la filière bilingue. Ces enfants sont de plus en plus nombreux et on devrait en compter près de quatre-vingts à la rentrée 2009. Créer du lien entre les générations de bretonnants et éviter que le breton ne soit perçu par les enfants comme une langue uniquement scolaire constituent pour nous des enjeux très importants.


Je tenais enfin à préciser que Loperhet est la seconde commune de la communauté de communes, après Landerneau, à dire « Oui » à la langue bretonne. Nous espérons que notre exemple inspirera d'autres communes et qu'il sera possible alors de prendre des initiatives communes, ainsi que nous l'avons fait avec succès pour la filière bilingue.


Je vous remercie de votre attention.


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