Bilan tiède pour le Forum de l’eau

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Suite à notre réunion du 21 mars sur le problème de l'eau, nous publions un article écrit par Karine Le Loët pour le magazine Terra Eco.


Le Forum d'Istanbul a laissé les ONG sur leur faim. L'accès à l'eau n'y a pas été reconnue comme un droit fondamental.

Une montagne a accouché d'une souris. C'est l'image employée par nombre d'observateurs pour dresser le bilan du Forum mondial de l'eau qui s'est achevé dimanche 22 mars à Istanbul. Malgré les 30 000 participants venus de tous horizons - entreprises, politiques, ONG...- le forum a fermé ses portes sur une déclaration timide. Pis, il n'est pas parvenu à faire reconnaître par tous l'accès de l'eau comme un droit fondamental. La faute notamment aux Etats-Unis et au Brésil qui estime qu'il s'agit là d'un simple droit économique et social.

Pour beaucoup, la conclusion est un aveu d'échec pour une manifestation qui manque cruellement d'appui sur la scène internationale. Simple salon rassemblant les professionnels du secteur à son origine, le Forum mondial de l'eau a certes élargi le spectre de ses participants et celui du débat. Reste que ses racines plongent largement dans le cadre privé, souligne de nombreuses associations. Car le Forum de l'eau est chapeauté par le Conseil Mondial de l'eau avec, à sa tête le Français Loïc Fauchon. Or, l'homme est aussi président de la société des Eaux de Marseille, récemment tombée à 100% dans l'escarcelle de Veolia. « Il paraît peu probable que ce responsable d'une multinationale de l'eau défende la gestion publique de l'eau », explique Bénédicte Veilhan, d'Attac. L'organisation souligne par ailleurs que l'institution est « fondamentalement néolibérale » et ses objectifs loin d'offrir une « réponse aux besoins vitaux de l'humanité et aux enjeux de la crise mondiale de l'eau ». Attac réclame donc la création d'un autre organisme « émancipé de tout caractère commercial ».

Une position non partagée par Action contre la faim qui, bien que regrettant la déclaration timide du Forum, y voit néanmoins un bon espace de dialogue. « Par rapport aux éditions précédentes, il y a vraiment eu un bon investissement des politiques. Et les agences des nations unies étaient bien représentées, » souligne Ludovic Bourbé, directeur scientifique et technique d'Action contre la Faim.

 


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