Contre le Grand Paris, l'équilibre des territoires

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

C’est seulement de Paris qu’on peut joindre aisément les autres villes de France et d’ailleurs. Les compagnies de chemin de fer ont appliqué  la loi du 11 juin 1842 faisant de Paris le centre du réseau. La SNCF a continué sur les mêmes rails. L’aviation et les autoroutes ont suivi le schéma.

BP-07-Michel-Fran-ois.jpgCette centralisation a fait de la France le pays dont un cinquième de la population est concentré sur 2% du territoire, où sont collectés la moitié de la TVA et de l’impôt sur les sociétés.

Cette construction a été progressive. Chaque étape a justifié par ses conséquences le passage à la suivante. Il fallait développer d’abord les liaisons avec Paris, parce qu’elles étaient les plus fréquentées ! Et Paris a concentré les sièges sociaux, les emplois et les revenus, notamment les plus gros. C’est ce qui vaut à Neuilly d’avoir des taux d’imposition plus faibles que ceux de Saint-Herblain.

Le projet de «Grand Paris » retenu sous Sarkozy donnerait un grand coup d’accélérateur à cette centralisation. Pour plus de 38 milliards, on « moderniserait » les liaisons internes à l’Ile-de-France, entre les quartiers d’affaires, les gares et les aéroports, on construirait en 25 ans de quoi loger trois ou quatre autres millions d’habitants.

Bref, on doperait encore l’aspirateur, en ridiculisant les 30 milliards affectés à la future « Banque publique  d’Investissement » pour …l’ensemble du territoire.

Combien de temps accepterons-nous de financer la machine qui étrangle nos collectivités locales et les prive – sauf en direction de Paris ! - des liaisons transversales internes et externes de qualité sans lesquelles il n’y a pas d’équilibre du territoire ni de développement harmonieux et durable.

 

 

Michel François

Élu municipal à Saint-Herblain 

Publié dans Economique et social

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