Intervention d'Anne-Marie Kervern (UDB) au conseil municipal de Brest

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne


19/12/2014


 

Anne-Marie Kervern Elue à Brest

 

 

 

 

 

 

 



Monsieur le Maire, Chers collègues

 

Puisque le Maire vient d’évoquer la venue hier du Premier Ministre à Brest, permettez-moi de dire ce que j’en pense en tant que composante UDB de la municipalité.

 

Nous avons tous raison de nous réjouir de la localisation confirmée par le Premier Ministre du siège de l’Ifremer à Brest, comme d’ailleurs du soutien à nos ambitions dans le domaine océanographique. Je suis persuadée que nous serons en mesure de faire ce qu’il faut pour accompagner les familles dans leur transfert, comme nous l’avons fait dans d’autres délocalisations de Paris vers Brest.

 

 

 

Le Premier Ministre a entendu l’urgence de la simplification des procédures, nécessaire au développement des énergies marines renouvelables, c’est aussi une bonne chose.

 

Nous constatons encore que 8 millions d’euros supplémentaires vont permettre à l’UBO de réaliser la plupart de ses projets, en particulier dans le domaine de la santé.

 

Enfin, dans le domaine de l’éducation, il semble que de nouvelles possibilités de conventionnement pourraient faciliter le développement des écoles immersives en langue bretonne. Si cela se réalisait, ce serait certainement apprécié.

 

Cependant il n’y a pas que de bonnes nouvelles, voilà pourquoi il me faut rappeler quelques fondamentaux en matière de développement et de démocratie.

 

En tant que composante UDB de ce Conseil municipal, je suis déjà intervenue à plusieurs reprises sur la réforme territoriale, toujours pour espérer, jusqu’au dernier moment, qu’elle soit le reflet de la démocratie à laquelle nous aspirons.

 

Et bien non, cette réforme n’est pas à la hauteur des attentes. L’UDB n’a pas fait partie des détracteurs de principe, mais de ceux qui ont proposé plus de région, surtout mieux de région, au profit de tous ses habitants.

 

Le Président du Conseil régional l’a bien dit hier au Premier Ministre : ce que les gens attendaient, c’était de la reconnaissance, de la liberté, de la confiance, et des moyens…et de tout cela « un peu »…il faut croire que ce peu, c’était encore trop.

 

On ne va pas se laisser payer de mots. On veut bien que le Premier Ministre en visite caresse quelques- uns de ses auditeurs dans le sens du poil en leur disant comme il l’a fait : « Le drapeau breton flotte fièrement partout dans le monde et vous pouvez en être fier ». Mais on ne prend pas les mots pour la chose.

 

De Brest à Nantes, il y a eu une expression forte en faveur d’une Bretagne réunifiée, fusionnant la Région et ses 5 conseils départementaux dans une Assemblée de Bretagne. Cette région-là, d’une superficie équivalente au Danemark aurait eu la possibilité d’être dans le peloton de tête des régions européennes.

 

Le Premier Ministre vient nous parler du drapeau breton. Bon, ça ne mange pas de pain. Mais est-ce que c’est ça que les gens attendaient ? Bien sûr que non.

 

Ils attendaient du nouveau en matière de pouvoir réglementaire et d'expérimentation, de droit à la différenciation, de compétences clarifiées adossées à des ressources appropriées, la fin du doublonnage entre les services déconcentrés de l’Etat et les collectivités territoriales (au passage, voilà une bonne source d’économies)…

 

Ils attendaient une grande région maritime de Brest à Nantes, qui aurait pu être le fer de lance d’une France réconciliée avec ses territoires.

 

Au lieu de quoi, le Premier Ministre semble ignorer qu’il n’y a pas de grande politique maritime, ambitieuse et efficace, sans véritable région maritime.

 

On attendait une relance démocratique, on ne l’a pas eue :

 

Pas un mot sur la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires promise par François Mitterrand, puis par tous les Présidents socialistes par la suite.

 

On attendait ce qu’on est en droit d’attendre de l’Etat : de l’égalité entre les territoires, on ne l’a pas eue non plus puisque la Région Bretagne est la sous-dotée des Régions avec 99€ par habitant alors que la moyenne française est de121€ par habitant.

 

Et qu’on ne me dise pas que je me trompe de lieu et de débat parce qu’on est en conseil municipal de Brest : si la Région Bretagne est sous-dotée et par conséquent traitée de manière inéquitable par l’Etat du strict point de vue financier, cela ne manque évidemment pas d’avoir des conséquences sur Brest et sur son territoire métropolitain.

 

Décidément non, il n’y avait pas que des bonnes nouvelles !

 

Anne-Marie Kervern, adjointe au maire de Brest

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