l'UDB approuve les orientations économiques de Rennes Métropole

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

 

Alors que la crise fait sentir ses effets à Rennes et en Bretagne, cela a été noté dans la présentation de ce rapport, le fait même que nous soyons ici, ce soir, en train de discuter des orientations stratégiques à définir pour notre territoire, est un signe fort : oui, nous pensons que la puissance publique peut et doit orienter l'économie en fonction de l'intérêt général!

C'est donc avec satisfaction que nous constatons que les orientations stratégiques proposées sont inscrites dès la deuxième page dans un contexte régional, et appelées à être mises en œuvre en coopération avec la région. Nous le répétons depuis longtemps, la nécessité d'inscrire les politiques métropolitaines dans des schémas d'aménagement régionaux est pour nous une évidence, que nous aimerions d'ailleurs voir inscrite dans la future loi de décentralisation.

Ce souci d'allier la stimulation de l'activité à la soutenabilité de l'économie se retrouve aussi dans les priorités dégagées : éco-construction et rénovation, gestion écologique de l'eau, santé, alimentation, créativité numérique. C'est ainsi que nous parviendrons à créer le renouveau industriel dont notre région et notre territoire ont besoin.

Un développement réellement soutenable ne peut être fondé sur la compétition avec d'autres territoires mais doit être le fruit d'un processus endogène.

C'est bien parce que nous voulons que l'ensemble des acteurs économiques forment un système local cohérent, plutôt qu'une juxtaposition de sièges d'entreprises internationalisées que nous approuvons l'inscription des enjeux universitaires parmi ces orientations stratégiques. Oui, nous avons besoin d'une université forte et créative. Pour cela, il est nécessaire de garantir aux chercheurs et aux étudiants de bonnes conditions de travail. Est-il normal qu'un maître de conférence soit payé une fois et demie le SMIC? Qu'un tirage au sort aux examens soit instauré à Rennes II en raison de la saturation du campus? Que la Loi d'Autonomie des Universités aboutisse en réalité à une mise sous tutelle des établissements, comme à Rennes 1 ? On le voit bien, les pratiques concurentielles fragilisent les établissements. Sur le terrain, ce dont ont besoin les universitaires ce n'est pas forcément de briller au classement de Shangaï, ce n'est pas forcément de se regrouper dans quelques fac-usines, mais de sérénité, de liberté et de coopération. Nous soutenons la création de la Cité Internationale mais quel est l'intérêt d'attirer toujours plus d'étudiants à Rennes si le prix à payer en était une dégradation des conditions d'études? Il faut assumer une répartition équilibrée des lieux universitaires sur le territoire. A l'heure du numérique, la dispersion spatiale n'est pas un obstacle à la communication et à la coopération, mais reste un gage d'efficacité en permettant à tous les acteurs de travailler à échelle humaine.

Pour l'université, pour les grandes écoles, comme pour les villes, la solution aux difficultés actuelles passe par plus de coopération et par la fin d'une compétition débridée.

La crise que nous traversons n'est pas un problème conjoncturel mais une crise de société. Tenter d'en sortir en utilisant les leviers de l'économie classique est voué à l'échec. La seule alternative est la construction d'une économie territorialisée, d'une gestion territoriale comme le soulignait Gwenaëlle Hamon dans son propos. Aussi, nous nous réjouissons de constater que la plupart des mesures concrètes proposées vont dans le bon sens. Nous approuvons les orientations proposées ici.

Je vous remercie.

Eliane LECLERCQ,
Conseillère communautaire Rennes Metropole

Publié dans Economique et social

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