Maison de la culture bretonne au pays briochin

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Intervention de Gilbert Le Roux devant le Conseil d’agglomération 28 Octobre 2010

 

 

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,

 

 

21GilbertLeRouxUne Maison de la culture Bretonne au pays de Saint Brieuc ? Certains penseront « quelle drôle d’idée! »

 

Pourquoi au 21ème siècle réveiller les traditions et la culture populaire? Parce que la culture est un facteur essentiel de développement et qu’ici l’âme du pays de Saint Brieuc est endormie et que l’identité de ses habitants est enfouie. Comment ceux-ci peuvent-ils dès lors avoir suffisamment le sentiment d’appartenance et de solidarité avec leur milieu, se projeter dans l’avenir, faire leur le projet de développement, y compris de développement touristique, de la communauté et en être les premiers ambassadeurs ?

 

Il faut, pour sortir du silence les habitants du pays, réveiller ce sentiment d'appartenance, et donc puiser dans les traditions, ramener les mémoires à la surface, adapter notre culture populaire à notre temps et aux nouveaux modes d'expression.

 

Le pays de Saint Brieuc, au très fond de la Baie, n’est pas ce pays que l’on dit : à la frontière des pays gallo et bretonnant, isolé et replié sur lui-même d’où rien ne sortirait. L’agglomération briochine a attiré et attire encore les populations des villes et campagnes voisines, du Trégor et du Penthièvre. Elles y ont fait et continuent d’y faire souche, il n’ait que de constater les noms des élus de notre assemblée.

 

La culture ou les cultures si on considère les langues de ces gens de l’Armor, de l’Argoat, gallèse ou bretonne, y sont mélangées et ce que l’on croit venir des uns vient en fait des autres. Ainsi le premier bagad en Côtes d’Armor n’est pas né en pays bretonnant mais en pays gallo, en 1947, au 71ème régiment de Dinan, exemple suivi plus tard par Plancoët, Lamballe puis le Lycée Anatole Le Braz, à Saint Brieuc. Dans les années 60-70, le département des Côtes d' Armor est aussi riche en bagadoù que les autres départements bretons. (Source: BAS = Bodadeg Ar Sonerien).

 

40 ans après ce qui fût appelé à Saint Brieuc le mai breton, résurgence au pied de la cathédrale de la culture populaire bretonne. Nous nous félicitons, ce soir, que la dimension culturelle populaire soit enfin considérée comme indissociable du développement économique du pays. Sans nul doute l’agglomération pourra compter sur la fédération Telenn, forte de ses 14 associations culturelles regroupant 1 400 Adhérents et qui attend depuis trop d’années la reconnaissance et le soutien des collectivités.

 

Sur cette lancée historique de l’agglomération, nous souhaitons d’autres signes forts de valorisation de l’identité bretonne en reprenant à notre compte l’exemple de Pordic qui a signé la charte Ya d’ar brezhoneg = Oui à la langue bretonne et que – soit dit en passant - la ville de Plérin dont je suis n’a pas encore signée.

 

Trugarez, merci

 

Gilbert Le Roux

 

 

Crédit Photo : Mairie de Plérin.

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