Mitterrand n’est pas gaulliste ! (par George Cadiou)

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

AEPB-Pondi-07-06-08-G-Cadiou-5289.jpgIl n’y aura donc pas de projet de loi sur les langues régionales, du moins sous cette présidence ! C’est ce que vient de décider Mitterrand (Frédéric), le ministre de la culture ! Les quatre propositions qui sont en attente au Sénat et à l’Assemblée nationale ne seront pas discutées ! Pas de loi et donc toujours pas de statut juridique pour les langues régionales de France. Malgré les promesses faites par le candidat Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007.

 

Une fois de plus se réalise le « théorème » politique de Charles Pasqua : les promesses n’engagent que ceux à qui elles s’adressent !

 

Je suis en train de finir un livre, un dictionnaire sur l’histoire du mouvement breton et j’ai ainsi pu répertorier les nombreuses propositions de loi sur la langue bretonne ou, plus généralement, sur les langues régionales, des propositions qui se sont, à chaque fois, heurtées à l’intransigeance jacobine d’un état français sourd à ces revendications, arriéré par rapport à la plupart des autres états européens. Ces propositions venaient de tous les bords politiques. Du camp démocrate-chrétien avec Pierre Trémintin, député-maire de Plouescat, auteur d’un projet sur la langue bretonne qui fut adopté par la commission de l’enseignement du Front Populaire en 1936 mais qui n’alla pas plus loin. Du camp communiste avec le projet de loi sur la langue bretonne signée Marcel Cachin et Pierre Hervé, alors député du Finistère, en 1947. Il y eut ensuite les propositions socialistes avec Louis Le Pensec et Yves Dollo. On pourrait aussi citer la toute première pétition pour l’enseignement des « langues provinciales », en premier lieu du breton. Elle date de 1870, sous le Second Empire. Une requête au Corps Législatif, il n’y avait pas à l’époque de chambre des députés. Elle émanait d’un groupe de linguistes parmi lesquels le barde … Charles de Gaulle (Barz Bro C’hall, le barde de France), le grand oncle du général qui d’ailleurs cita quelques vers en breton de son ancêtre lors de son dernier discours officiel à Quimper en février 1969 !

 

Depuis, les langues populaires de France attendent toujours d’être pleinement reconnues. Comme ailleurs le basque, le catalan, le gallois, le gaélique, le flamand … On a envie de dire : qu’en pensent les gaullistes ? Mais il est vrai que Mitterrand (Frédéric) n’est pas gaulliste !

 

Georges Cadiou

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