Nantes signe la Charte « Ya d’Ar Brezhoneg »

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Intervention de notre collègue Pierre Even

 

 Monsieur le Maire, chers collègues,

 La signature de la charte « Ya d’ar Brezhoneg » avec l’Office public de la langue bretonne.  originale en soi, n’est pas à Nantes un commencement, mais davantage le reflet et la mise  en valeur de ce qui existe déjà, y compris les mariages bilingues célébrés par Jean-Louis Jossic.

Le dossier de la langue bretonne a été porté, avec détermination,  au cours du mandat précédent, par Patrick Pellen (*) et Louisette Guibert.  Ils ont mené une riche réflexion, entre 2002 et 2008, sur la diversité linguistique en milieu francophone. Le point d’orgue en a été, à la médiathèque de Nantes, la conférence de Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique à l’université de Rennes. Pour la petite histoire, il habite Sainte‑Luce et parle, dit-on exclusivement, le provençal à ses enfants.

Dans le programme municipal de la majorité actuelle, deux propositions sont inscrites dans la durée et dans le présent mandat: le soutien à la langue bretonne et le soutien aux expressions culturelles nantaises (la culture bretonne, la mémoire ouvrière, le patrimoine maritime, les expressions antillaises et africaines).

 Le jour de l’élection du Maire, début 2008, j’avais déclaré en mon nom et celui de Maïté Callet-Pellen, notamment : « Quand nous voterons, nous aurons aussi en tête que dans le projet, il y a le soutien à la culture bretonne en général, le soutien à l’école Diwan et aux écoles bilingues français/breton, ainsi que des propositions pour l’ouverture au monde qui nous plaît tant». Le 5 décembre 2008,  à l’occasion du débat d’orientation budgétaire et s’agissant de l’enseignement primaire, j’avais dit que nous ne pouvions oublier le soutien à l’enseignement bilingue français/breton qui passait par la création, dans une école primaire publique, d’une deuxième filière.

 Nous tenons, en cette occasion, Monsieur le Maire, à saluer votre engagement personnel pour l’ouverture de la filière bilingue publique au sein du groupe scolaire du quartier des Batignolles, quartier ancré dans la mémoire ouvrière nantaise, et aussi la pugnacité de Johanna Rolland, Adjointe à l’Education, qui ont permis à ce projet d’aboutir en début de mandat. Ce sera pour nous un très beau souvenir, pas le seul, il s’en faut, que d’avoir vu se réaliser ce projet au sein d’une école de la République.

Au risque d’être un peu long,  je voudrais citer Marcel Cachin, un haut dirigeant historique du Parti Communiste Français.  Ami de Yann Sohier, fondateur d' Ar Falz, Mouvement des instituteurs et professeurs laïcs  en faveur de l’enseignement du breton, il prendra à la fin des années trente, la tête du Groupe des Bretons émancipés, oeuvrant au sein de la diaspora bretonne en banlieue parisienne. Ecoutons-le : « Nous sommes décidés à défendre le legs émouvant des générations qui ont fait des Bretons ce qu’ils sont aujourd’hui : la langue bretonne – mais pas seulement, vous allez voir – la culture bretonne, la tradition bretonne, l’histoire bretonne. Nous voulons ici les respecter et les faire aimer ».

Pour conclure, nous pensons que cette délibération est un des actes qui fortifient la République en lui donnant des couleurs : ici, celles de la langue bretonne. 

Je vous remercie de votre attention.

(*) ancien vice-président de l' AEMB ( aujourd'hui AEPB ), trop tôt disparu.

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