Nos élus du pays de Brest pour une Bretagne réunifiée

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

70 ans après le décret du régime de Vichy qui a séparé la Loire-Atlantique du reste de la Bretagne, le retour de ce territoire dans sa région d’origine est une revendication toujours très forte révélée dans les enquêtes d’opinion réalisées ces dernières années.


La résistance à l'uniformisation culturelle et linguistique, le respect d’une identité originale et ouverte sur le monde et la lutte pour la réunification administrative de la Bretagne représentent un combat organisé quotidiennement par un tissu associatif puissant et solidaire, avec souvent le soutien des collectivités locales et régionales et des réseaux d'entreprises bretonnes.


Le 18 juin 2011 à Nantes, les Bretons de Loire-Atlantique et d’ailleurs manifesteront pour interpeller le Président de la République, le gouvernement, les parlementaires, et continuer à sensibiliser les élus locaux, les représentants consulaires et syndicaux, les responsables associatifs et économiques, les futurs candidats à l'élection présidentielle de 2012, les citoyens soucieux de l’avenir de leur région. Ils les inviteront à échanger et à débattre pour faciliter la réunification administrative de la Bretagne afin de lui donner tous les atouts nécessaires au sein de l’Union Européenne, dans le cadre de nouveaux équilibres, avec une identité, une visibilité, une cohérence plus grandes, un potentiel humain, économique et social plus fort.


Ne nous y trompons pas : la réunification administrative n’est pas une revendication datée, bien au contraire, elle est la condition d’une Bretagne dynamique et solidaire. Alors que le rapprochement institutionnel et économique entre les agglomérations de Nantes et de Rennes a connu une réelle accélération depuis 2 ou 3 ans, il est clair que seule la réintégration de la Loire-Atlantique dans l’espace institutionnel breton donnera à la Région la capacité d’intervenir comme un arbitre des équilibres économiques entre l’ouest et l’est de la Bretagne. Faute de cette unité bretonne, Nantes et Brest se sont disputées, il y a quelques années, l’accueil de l’Agence européenne de sécurité maritime, avec pour résultat l’échec que l’on sait. Faute de cette unité bretonne, aujourd’hui, dans le secteur très prometteur mais fragile des énergies marines le pôle industriel Nantes – Saint-Nazaire a fait alliance avec Le Havre (2ème port de commerce français) contre Brest et Lorient. Il faut mettre un terme à ces compétitions stériles qui desservent la Bretagne.


Paradoxalement le Finistère est peut-être le département qui a le plus intérêt à la réunification administrative de la Bretagne. D’abord parce qu’elle donnera à la Bretagne les moyens d’assumer véritablement sa vocation maritime. Ensuite parce qu’elle obligera à une répartition spatiale des fonctions de commandement dans l’espace breton alors que la Région Bretagne à 4 départements est de plus en plus marquée par un renno-centrisme pesant.

Le Président de la République lui-même a souligné la pertinence de cette revendication, le 27 novembre 2008, en intervenant devant le Congrès des Maires. Il a d'ailleurs chargé son directeur de la communication, Franck Louvrier, un Nantais, de recevoir l'association Bretagne Réunie à l'Élysée le 21 janvier 2009.

Les conclusions du rapport Balladur et ce qui en a été retenu dans la loi dite de réforme territoriale du 16 décembre 2010 sont certes décevants sur le sujet puisque la faculté théorique donnée au Conseil régional de Bretagne et au Conseil général de Loire-Atlantique de décider de la réunification administrative de la Bretagne est assortie d'un double pouvoir de blocage : celui du Conseil régional des Pays de la Loire et celui des conseils généraux qui forment cette région administrative. Cependant, les élus de Loire-Atlantique et du reste de la Bretagne ont une responsabilité historique pour permettre une solution démocratique à la question de la réunification administrative de la Bretagne en prenant les initiatives nécessaires : adoption de vœux, courriers aux responsables de l’exécutif et aux parlementaires, soutien aux initiatives émanant de la société. Les acteurs politiques seront d’autant plus enclins à agir si la société civile exprime une demande claire et publique en faveur de la réunification de la Bretagne.

Dans les moments importants de leur histoire, les Bretons ont toujours su s’unir et travailler ensemble pour assurer le meilleur avenir à tous ceux qui vivent sur leur territoire. C’est le pays de Brest qui a le plus à gagner d’une régulation régionale sur cinq départements, cette régulation étant à même de rétablir les grands équilibres entre l’est et l’ouest de la Bretagne. Alors, n’hésitons pas, soyons solidaires avec l’ensemble de la Bretagne.


C’est pour cela que nous avons souhaité prendre l’initiative d’une réunion constitutive d’un collectif le plus large possible qui puisse associer les forces vives du Pays de Brest au succès de la manifestation organisée le 18 Juin prochain à Nantes par l’association Bretagne Réunie.

 

 

Anne-Marie Kervern - adjointe au maire - Brest -
Kristian Guyonvarc'h - conseiller régional - Guipavas

Publié dans Réunification

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