Politique énergétique: que penser du dispositif Ecowatt ?

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

" ECOWATT" Communiqué du collectif "pour une énergie durable en Bretagne" (*), constitué après l'annonce du projet de centrale électrique au gaz de 450 MW à Guipavas, présenté par Kristian Guyonvarc'h conseiller régional UDB membre de l' AEPB

 

"Soyons bien clairs. Il ne s'agit pas de culpabiliser les 30.000 Bretons qui ont adhéré au dispositif et ceux qui pourraient être amenés à le faire car ces personnes sont le plus souvent sensibles aux problèmes environnementaux et au gaspillage énergétique (comme à la réduction de leur facture d'électricité). Il s'agit en revanche d'interpeller les concepteurs et soutiens publics d'Ecowatt (RTE, préfecture de région, Conseil régional) et d'ouvrir les yeux aux collectivités locales qui, à l'instar de la communauté d'agglomération de Quimper, seront amenés à conventionner avec RTE. Les interpeller sur l'incohérence qui consiste à inciter les consommateurs d'électricité à modérer leur consommation lors des pics de consommation hivernale et non pas tout au long de l'année... alors qu'on continue à

installer massivement des systèmes de chauffage électrique et que RTE, la préfecture de région et l'exécutif du Conseil régional affirment que la Région Bretagne a besoin d'une centrale électrique au gaz de 450 MW.

 

Il s'agit donc de plaider en faveur d'une politique territoriale qui vise à économiser l'électricité tout au long de l'année et à s'opposer au développement du parc de chauffages électriques".

 

(*) nom provisoire

 

 

 

 

DISPOSITIF "ECOWATT": SE CONTENTERA-T-ON DE SE DONNER BONNE CONSCIENCE ?

 

 

 

Le collectif "Pour une énergie durable en Bretagne" constate que le dispositif Ecowatt piloté par RTE (Réseau de transport d’électricité), filiale d’EDF, et ayant comme partenaires la préfecture de région et le conseil régional, ne traite la question des gaspillages d'électricité qu'à la marge, lors des pointes de consommation hivernale. Ce dispositif de

maîtrise très partielle de la consommation électrique n'est là que pour se donner bonne conscience et justifier que ces mêmes partenaires veuillent imposer une centrale thermique à la pointe de Bretagne !

 

On demande aux consommateurs d'accomplir pendant ces quelques heures de pointe électrique hivernale des gestes qu'ils devraient être invités à accomplir… en permanence : ne pas chauffer les pièces inoccupées, veiller à ne pas surchauffer, à ne pas laisser des appareils inutilement en veille, éteindre la lumière en quittant une pièce, faire la chasse aux éclairages urbains non indispensables…

 

Mais les intérêts commerciaux de groupes industriels privés, dont les objectifs sont de produire et de vendre toujours plus d’électricité, prennent le pas sur l’intérêt général des citoyens, avec la complicité de certains élus. Le collectif est convaincu que des mesures simples épargneraient à la Bretagne la construction d’une centrale électrique à gaz très fortement émettrice de CO2. A savoir:

 

1 le rétablissement et le renforcement de tarifs véritablement incitatifs, modulés en fonction des périodes, priverait Ecowatt de justification.

 

2 des aides pour le remplacement du chauffage électrique, principal responsable des pics de consommation, par d'autres modes de chauffage permettraient de réduire à la fois les pics de consommation hivernaux et les aides aux impayés d'électricité qui grèvent les budgets sociaux des collectivités locales.

 

La centrale de Ploufragan (116 MW puis 232 MW) constituait un projet absurde et inutile, le projet de Guipavas (450 MW) est un projet encore plus absurde et encore plus inutile !

 

Il incitera les consommateurs à gaspiller gaillardement… du moins tant qu’ils auront les moyens de payer la facture. En effet, l'UFE (Union Française de l’électricité) se donne pour objectif, depuis 2009, à la fois de maîtriser la pointe et de "réaliser une croissance de la consommation d'électricité (de l'ordre de 15 % à l'horizon 2020)".

 

Le combat qui a été mené à Ploufragan a suscité et entretenu le débat sur la question énergétique. Le collectif souhaite que le combat de Guipavas, qui prend le relais de l’information citoyenne, ramène les décideurs politiques

et économiques à plus de raison. A quelques jours de l'ouverture au Mexique d'une nouvelle conférence mondiale sur le dérèglement climatique et ses conséquences, c'est un impératif.

 

Publié dans Environnement

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