Urbanisme soutenable : intervention de Philippe Brûlé

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

SOBRIETE FONCIERE ET URBANISME SOUTENABLE 

 

 

Afin d’apporter une réponse pertinente en termes de sobriété foncière, je vous propose d’en rechercher les causes profondes .

 

1- Comment en sommes nous arrivés à une telle consommation d’espace en Bretagne ?

 

Tout d’abord il faut rappeler que l’étalement urbain s’explique par la disponibilité des énergies fossiles( surtout le pétrole) et la facilité des déplacements avec le développement de l’automobile : c’est une évidence mais il ne faut pas l’oublier .

3 raisons majeures expliquent me semble t il la consommation d’espace et plus particulièrement en Bretagne :

 

- La première : les insuffisances des politiques urbaines locales qui n'ont pas intégré la dimension environnementale à la hauteur des enjeux. Pour de nombreuses communes et même certaines petites villes , la réflexion en matière d’urbanisme est limitée au document d’urbanisme réglementaire que constitue le PLU ; or, ce document comporte des règles qui sont autant de contraintes et de frein à l’innovation :
contraintes d’occupation du sol ( qui vise à éviter toute mixité pour limiter les conflits qui 

pourraient résulter d’occupation du sol entrainant des nuisances les unes sur les autres ) ;

contraintes en termes de densité d’occupation de l’espace de stationnement automobile ( gros consommateur lui aussi d’espace )dont le dimensionnement est fait pour un usage de pointe : tout le monde s’accorde pour regretter les surfaces de bitume dans certaines zones commerciales et industrielles.

Toutes ces mesures réglementaires conduisent à favoriser l’étalement urbain et ne donnent pas la priorité à la création d’ espaces publics conviviaux pour favoriser le lien social : le fonctionnel est privilégié. ( les espaces sont découpés en zones spécialisées pour habiter, travailler, se divertir ........

 

A ces dispositions réglementaires , vient s’y ajouter le mirage du développement industriel : j’ai eu l’occasion , dans les années 75 de faire des études sur les zones d’activité : il n’y avait pas à l’époque la plus petite commune qui n’avait pas gelé des terres pour y implanter sa zone d’activité quand elle ne se lançait pas dans la viabilisation des terres sans avoir d’entreprise susceptible de s’implanter. Certes,les crises successives sont passées par là:néanmoins,cette approche en termes de développement est encore présente dans beaucoup de POS ou de PLU dont la lecture des rapports de présentation permet de comprendre comment ces documents conduisent au gaspillage de l’espace .

 

Par ailleurs, je suis surpris de voir qu’il existe aujourd’hui des textes législatifs qui vont dans le sens d’une densification de l’espace sous conditions notamment de performance thermique des bâtiments et que je n’ai pas vu à ce jour un PLU qui reprenne ces dispositions pourtant votées par le parlement depuis 2005 .....

 

 

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Samedi 13 octobre 2012, s'est tenu à Loudéac, un débat public :

Sobriété foncière et urbanisme soutenable : un enjeu de civilisation pour la Bretagne


« La Région Bretagne a doublé ses surfaces artificialisées en seulement 20 ans. Autrement dit, il a été urbanisé, en 20 ans, l’équivalent de ce qui a été urbanisé par les générations précédentes pendant plus de 2 000 ans. Les sols bretons sont aujourd’hui plus artificialisés que la moyenne nationale (total des sols artificiels bretons : 12%, contre 9% en France métropolitaine). La surface artificialisée par habitant est de 1.080 m² / habitant en Région Bretagne, contre 820 m² / habitant en moyenne à l’échelle nationale et 400 m² / habitant en Allemagne ».

 

 

Publié dans Economique et social

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