Vote du budget 2011 : Intervention d'Éliane Leclercq

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

Conseil municipal de Rennes – 4 avril 2011

Kuzul kêr Roazhon – d'ar 4 a viz Ebrel 2011

 

 

Cette année encore, au moment de faire un tour d'horizon pour mesurer dans quel contexte s'inscrit le vote de notre budget, force est de constater que notre société continue de s'enfoncer dans une impasse.

 

Choisit-on de garantir à toutes et à tous l'accès au service public, ou bien préfère-t-on les coupes budgétaires et les cadeaux fiscaux pour les plus riches ? Choisit-on de discuter en toute clarté de nos choix politiques, économiques, sociaux, énergétiques, ou bien veut-on sauver la face à tout prix, quitte à jouer à la roulette russe avec notre avenir ?

Aujourd'hui, ces débats sont confisqués. Les choix se font trop souvent à huis clos, et les citoyens en sont bien conscients. Ils désertent les isoloirs, ou bien montrent qu'ils en ont assez, en votant extrême.

 

A notre mesure, et dans le cadre de nos responsabilités locales, il nous appartient de garder cela en tête à l'heure de débattre de nos choix budgétaires.

 

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Si la crise sociale et écologique est bien planétaire, c'est à l'échelle des territoires qu'il faut agir. Partout dans le monde, les citoyens font de plus en plus confiance aux régions et aux territoires pour améliorer leur quotidien.

Les collectivités apparaissent de plus en plus comme le dernier espoir du service public, à mesure que l'État réduit ses financements. Mais pour agir, encore faut-il en avoir les moyens !

 

La réforme territoriale a marqué l'acte Ier d'une re-centralisation décomplexée ! L'Union démocratique bretonne a clairement marqué son opposition à cette régression démocratique.

 

Le 3 mars dernier, ce sont les Gallois qui ont choisi par référendum d'étendre le pouvoir législatif de leur Assemblée. Ce n'est sans doute pas un hasard si le Pays de Galles est tellement en avance sur nous : pionnier dans les énergies renouvelables, dans l'agriculture biologique. L'autonomie a aussi permis aux Gallois de maintenir des frais d'inscription à l'université beaucoup plus bas qu'ailleurs au Royaume-Uni.

 

L'autonomie des territoires, c'est la clé pour sortir de l'immobilisme de l'État, qui ne veut pas imaginer que le pouvoir serait mieux exercé au plus près des citoyens.

 

L'argent est le nerf de la guerre dit-on, c'est aussi ce qui conditionne notre capacité d'action. Le gouvernement ne s'y est pas trompé, en rognant l'autonomie fiscale des collectivités, par la réforme de la taxe professionnelle.

 

Le rôle des communes est pourtant essentiel.

 

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Concernant nos budgets communaux 2011, nous souhaiterions émettre, en préliminaire, un souhait organisationnel. Nous savons qu’il n’est pas coutume à Rennes de voter le Compte administratif avant le Budget primitif mais cependant cela permettrait d’éclairer vraiment nos débats. Nous aurions ainsi une vision réelle de l’année écoulée.

 

Le vote du budget 2011 est l’occasion d’aborder les choix politiques de notre majorité et de rappeler nos priorités et nos valeurs.

 

Monsieur le Maire, vous parlez souvent du devoir de la Ville de Rennes d’accueillir les nouveaux arrivants et vous vous réjouissez du dynamisme démographique dont notre région bénéficie. Cependant, nous devons, localement, résoudre une équation difficile, celle de garantir l’évolution de notre cité sans mettre en péril la qualité de vie de nos concitoyens.

Ainsi, nous pensons qu’il faut éviter à tous prix une fuite en avant. Si la ville doit se reconstruise en permanence sur elle-même, et c'est ce qu'elle fait, nous devons éviter de brader son passé, son patrimoine, son histoire et son identité et il faut, à notre avis, conserver des témoins des époques passées afin de faire sens !

 

Dans ce budget 2011, les investissements programmés sont très importants. Le rôle des collectivités locales (dont la nôtre) dans la vie économique est d'ailleurs reconnu par les CCI, François ANDRE le rappelait tout à l'heure. Nous ne pouvons que nous féliciter que l’achèvement de l’espace commun Aimé Césaire ou de la décision de construire un nouvel équipement dans le quartier centre.

 

Notre mission d'élus du peuple est de garantir à toutes et à tous l'accès aux biens communs, par un service public de qualité. L'implication financière soutenue dans l'action sociale est prioritaire. Avec une subvention au CCAS en hausse, notre ville maintient son engagement auprès des personnes menacées par la précarité.

 

C’est pourquoi nous sommes très attachées aux services publics de proximité que notre ville a développés depuis plus de trente ans.

 

La délégation des services publics doit être limitée au maximum, notamment dans les domaines des énergies et des ressources naturelles qui ne doivent pas être soumis aux intérêts privés. Nous rappelons ici notre volonté de voir bientôt la municipalisation de la distribution de l’eau comme nous demanderons la gestion directe de la production d’eau au Syndicat mixte de production d’eau potable du bassin rennais. On ne sera pas surpris non plus si, plus tard dans les débats, le groupe UDB ne s'associe pas au choix retenu pour la production combinée d'électricité et de chaleur.

 

Notre politique d'économie des dépenses de fonctionnement est dans la continuité de ce qui avait été proposé l'an dernier et nous saluons le doublement de la ligne budgétaire destinée à réaliser des économies d'énergie sur les bâtiments municipaux.

 

J'aimerais évoquer le poste des dépenses du personnel, le poste le plus important de la section de fonctionnement, que certains voudraient revoir continuellement à la baisse. Nous le disons fermement il n'y a pas de service public sans personnel ; les services qui sont rendus aux rennaises et aux rennais le sont par du personnel public qui a à cœur un service de qualité ; or ce personnel voit, comme dans le privé, son pouvoir d'achat rogné d'année en année ; et cette année plus encore puisqu'il n'y aura pas de hausse de la valeur du point alors que les cotisations salariales vont augmenter (je parle des retenues salariales pour la retraite qui passent de 7,85 % à 8,12 % en 2011).

 

Enfin, nous tenons à saluer le maintien des taux de fiscalité à leur niveau de 2010, tout en conservant un autofinancement important.

 

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Et comme M. MARZIN, j'aimerais souligner la diminution des subventions exceptionnelles et leur réintégration dans les enveloppes adéquates ; c'est une bonne chose ! Ces mouvements sont un élément de plus grande transparence car seule la transparence des choix politiques permet d'entretenir la confiance mutuelle et la confiance des citoyens.

 

Nous approuverons ce budget fondé sur notre programme municipal.

 

Je vous remercie.

Publié dans Divers

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