Vidéo-surveillance et prévention de la délinquance : Intervention d' Eliane Leclercq devant le Conseil Municipal de Rennes

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

 

 

http://img.over-blog.com/203x300/1/00/75/56/Eliane_Leclercq.jpgNous avions salué, l'an dernier, l'avancée que constituai la Charte rennaise de la vie nocturne. Les 2 premiers axes de cette charte ont vu l'implication des différentes acteurs, qu'ils soient associatifs ou municipaux, pour une vie nocturne plus apaisée, comme la souligné Didier Le Bougeant, et ils vont dans le bon sens !

 

L'axe 3 de la Charte "renforcer l'action et la coordination des forces de sécurité" a surtout vu l'implication de la Ville avec la création de 12 poste et l'allongement des horaires de présence policière municipale. De son coté l'Etat a déployé une Brigade Spéciale de Terrain (qui a succédé à une Unité Territoriale de Quartier pourtant mise en place très peu de temps auparavant !) et il a surtout procédé à une réorganisation des commissariats de quartier, regroupant les effectifs au sein du commissariat central et délaissant une fois de plus les missions de proximité de la police qui permettent pourtant de meilleures relation entre représentants de la force publique et les citoyens !

 

L'année dernière, nous nous interrogions sur l'opportunité d'expérimenter (axe 4 de la Charte) de la mise en place de la vidéo-surveillance dans des espaces publics ouverts comme la place Sainte Anne. Le bilan de cette première années de fonctionnement ne nous semble pas devoir modifier notre position.

 

Nous avions fait plusieurs remarques à ce sujet l'an dernier :

 

  • La vidéo-surveillance ne sert pas à prévenir la délinquance , il semble même qu'il n'y ait pas eu de changement de comportement à cet égard !
  • Son efficacité à posteriori reste également à prouver, les études pouvant se révéler contradictoires, et les chiffres qui nous ont été fournis au terme de cette année le confirment: 6 interpellations de flagrant délit seulement pour des infractions à la législation sur les stupéfiants entre le 1er mai et le 30 novembre 2010, c'est assez peu ! Cela démontre que la Place Sainte Anne n'est pas la plaque tournante qui nous a parfois été présentée ! Et c'est un faible résultat au vu du coût de fonctionnement de cette vidéo-surveillance à la charge de la collectivité !
  • Il ne nous semble donc pas nécessaire d’augmenter le nombre de caméras dans les espaces publics ouverts, ni en France ni à Rennes !
  • Pour lutter contre la délinquance, la présence physique visible des forces de l’ordre mais également bien sûr la prévention par la médiation sociale sont sans doute bien plus efficaces que la pose de caméras de surveillance.

 

Enfin, la vidéo-surveillance est loin d’être un outil anodin en matière de libertés individuelles même si les enquêtes d'opinion menées sur le quartier sur cette année montrent "une acceptation raisonnée de la vidéo-protection". A notre sens, nous sommes là dans le domaine du ressenti et du subjectif. Cette "acceptation raisonnée" est plutôt le signe de la résignation des citoyens à vivre dans une "société de surveillance" comme le notait déjà en 2007 la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés en pointant du doigt la multiplication incontrôlée des caméras de vidéo-surveillance. Nous ne sommes pas résigné(e)s à vivre dans une telle société !

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