Exposition sur les usines Tanvez à Guingamp : Pourquoi se souvenir ? La mémoire n’est pas une reconstruction du passé, mais une exploration de l’invisible.

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

La prolétarisation des masses au XIXè siècle, puis leur émancipation progressive est l’un des phénomènes essentiels de l’histoire contemporaine de l’ Europe.

Avec la disparition des friches industrielle, de Renault-Billancourt à Tanvez, seule la parole et les souvenirs des ouvriers sont intacts pour nous restituer la mémoire sociale et industrielle qui n’est plus incarnée par les murs, les machines, l’activité.

Elie Wiesel disait en 1998, lors d’un forum international de l’ UNESCO, que : « l’homme est défini par sa mémoire individuelle, liée à la mémoire collective. La mémoire est liée à l’identité. Les deux s’alimentent mutuellement. Se souvenir, c’est permettre à l’homme d’affirmer que le temps laisse des traces et des cicatrices sur la surface de l’histoire, que tous les évènements sont liés les uns aux autres, comme le sont les êtres ».

Dans cette optique, le travail sur la mémoire industrielle et la culture ouvrière à travers les usines Tanvez, offre l’opportunité d’éclairer comment le pays de Guingamp a vécu cette bascule du monde rural et agraire au monde industriel. L’histoire des ouvriers et du mouvement ouvrier d’où est issu le mouvement syndical, fait partie de notre environnement culturel depuis plus de 150 ans : nous leur devons collectivement la majeure partie du droit social et du travail.

L'esprit qui animait ces générations ouvrières se retrouve dans la démarche collective de la construction du quartier ouvrier des Castors et dans la pratique de ce sport collectif et populaire qu’est le football par ces ouvriers-footballeurs qui oeuvraient chez Tanvez la semaine et jouaient au ballon rond le dimanche….

Alors, se souvenir ?

Oui, pour honorer une dette à l’égard de ce qui fut, de ce qui a produit de la richesse économique à Guingamp, de ce qui a façonné en partie l’architecture de notre ville, de ce qui continue de nourrir notre mémoire collective.

 

Mona BRAS,

Adjointe à l’identité et aux patrimoines

Conseillère régionale de Bretagne

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