IL EST INTERDIT DE PARLER BRETON, DE SE FAIRE SOIGNER, DE SE FAIRE RENDRE JUSTICE.

Publié le par Association des élus progressistes de Bretagne

En lieu et place du « digemer mat e Breizh » accueillant les voyageurs à leur arrivée en Bretagne, bientôt, nous pourrons les accueillir en leur faisant savoir qu’ici « il est interdit de parler breton, de se faire soigner et de se faire rendre justice ». Tant il est vrai que la règle de l’uniformité qui prévalait dans toutes les politiques, s’était surtout traduite dans l’uniformité culturelle et linguistique de la France.


Les quelques mots rajoutés à l’article 1 de la Constitution, s’ils avaient été adoptés par l'Assemblée Nationale, viennent d’être rejetés par le Sénat. Ce rejet s’il ne signe pas la mort des langues régionales, éteint l’espoir né il y a quelques semaines de voir enfin l'État français prendre le chemin démocratique de la pluralité et de la diversité culturelle et linguistique.


Alors que 2008 est l’année internationale des langues, alors que la France a signé et ratifié la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel immatériel, s’engageant ainsi à reconnaître, défendre et promouvoir sa diversité linguistique, alors que l’écrivain d’origine libanaise Amin Maalouf a été chargé par la Commission européenne du rapport sur le défi du multilinguisme, Sarkozy fait de la promotion du français une des priorités de la diplomatie française, et les sénateurs, sensibles aux sirènes académiques, rejettent les quelques mots rajoutés à l’article 1 de la Constitution.


Que vaut donc la signature de la France ? Cette France qui signe la Convention de l’ UNESCO, celle qui signe le contrat du SROSS 3 (Schéma régional d’organisation sanitaire et social) et qui ensuite planifie la disparition de ses langues régionales, et qui par ailleurs ferme et restructure les hôpitaux !!


Spectacle navrant que celui du repli identitaire, de la haine de l’autre langue…. De quoi va avoir l’air la France qui va occuper bientôt la présidence européenne ? Devant des états dont elle a exigé pour preuve de démocratie avant leur entrée dans l’ union européenne la signature et la ratification de traités et conventions qu’elle ne respecte pas elle-même.


Pour l’Union démocratique bretonne, seule une régionalisation ambitieuse autorisera les collectivités à répondre aux attentes de leurs populations. Dans cette attente, seul le transfert de compétence de la politique accompagnée des moyens financiers, tel que la Constitution le permet, montrera un début de bonne volonté de l’Etat.

 

Mona Bras, porte parole de l'UDB.

Publié dans Economique et social

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